mercredi 3 juin 2009

RESPECTONS NOUS !

Je retiens deux évènements de ces derniers jours. Hier, mardi 2 juin, la presse nous annonçait l'assassinat du docteur Tiller au Kansas. Il a été tué alors qu'il venait de rentrer dans une église luthérienne pour participer à l'office de la Pentecôte. Ce médecin dirigeait trois cliniques qui pratiquaient des I.V.G. tardives et était la cible des militants " pro life ". En 1986, l'explosion d'une bombe avait ravagé une de ces cliniques. En 1993 il avait été blessé par balle aux bras et il a été tué le matin de la Pentecôte ! Comment peut on défendre la vie des tout petits en commettant un assassinat ? Les actes de violence verbale ou physique n'aident aucunement à résoudre les divergences. La non violence est plus que jamais d'actualité.

Hier soir, c'était la dernière séance de la " saison " du café interreligieux à Hérouville. Depuis le mois de Janvier, musulmans, réformés et catholiques , nous nous sommes retrouvés autour de thèmes de l'actualité. Certes, il y a les absents, certes nos trois communautés ne sont pas toujours très représentées, certes nous n'avons pas révolutionné la planète. Mais hier soir, nous avons pu nous mettre d'accord pour continuer en octobre . Nous ne le ferons que si nous nous respectons, et d'abord dans nos divergences, comme nous avons pu l'exprimer hier. S'il y a nécessité du dioalogue, c'est bien parce que nous ne sommes pas d'accord sur tout ! Oser le dire sans se juger, être curieux spirituellement des déclarations et des attitudes des autres , c'est un pas vers la paix, vers le respect, vers la justice.

La violence meut toujours ressurgir, tapie dans nos peurs. Osons nous respecter en nous parlant en vérité et l'incompréhension commencera à reculer.

samedi 30 mai 2009

OSER SE PARLER.

Dans le récit des Actes des Apôtres, " l'extraordinaire " n'est pas un phénomène extérieur de type magique, c'est la réaction des Juifs venus à Jérusalem pour cette grande fête juive. " Comment se fait il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?" Ils étaient venus en pèlerinage au Temple de Salomon de toutes les contrées de la Grèce, de la Turquie, du Liban actuels et ils n'en reviennent pas d'entendre DANS LEUR LANGUE l'annonce de la résurrection du Nazaréen par ses disciples.

Dés le début de l'église, Luc nous montre que l'espérance chrétienne ne requiert pas une langue unique, un rite unique, une seule manière de vivre et de prier. Au contraire, la foi en l'Incarnation pousse les disciples à traduire dans les différentes langues la même espérance, celle du Très Haut.
Cette exigence est marquée du signe du bon sens. Si la foi en Jésus ne résonne pas dans nos vies, ne se marie pas avec notre culture, notre éducation, elle ne sera qu'une croyance parmi d'autres, une idéologie religieuse qui ne résistera pas aux aléas de l'existence.

Les faits et les actes de Jésus n'ont pas été relatés par un seul évangéliste, mais par quatre qui ne s'adressaient pas aux mêmes communautés, certaines issues du judaïsme, d'autres du paganisme. Nos styles de prière sont divers pour respecter nos chemin spirituels. Celui que le silence cistercien aide dans sa recherche de l'Eternel ne se retrouvera pas dans l'exubérance évangélique. Claire d'Assise n'a jamais connu le doute, alors que Thérèse de Lisieux s'est parfois demandé si le ciel était autre chose que les gros nuages gris au dessus de son carmel lexovien.

Comme les premiers apôtres, nous devons inventer des chemins pour annoncer la Bone Nouvelle du Ressuscité dans la langue de chacun. D'abord en partageant le plus et le mieux possible la vie de ceux que nous rencontrons, en nous immergeant avec eux dans leur quotidien. Un jour en parlant, en priant peut être avec eux s'ils le désirent . Notre compagnonnage , aux jours de joie comme aux jours de tristesse, sera alors la base de l'échange. A l'aumônerie du centre psychiatrique Esquirol, les rencontres régulières, les activités au local, les repas créent un lien amical durable qui permet avec ceux qui le désirent de parler de l'Evangile, de partager l'eucharistie du dimanche avec d'autres chrétiens . C'est parce que les rencontres ordinaires, banales nous apprennent à comprendre la langue de ceux qui sont là que le message évangélique peut aussi être entendu au coeur de nos vies. La Pentecôte nous encourage à réviser nos langues ! pour l'oral de la foi.