lundi 21 septembre 2015

PARCOURS DE FOI.

Les commentaires d'évangile sont désormais accessibles sur :
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jeudi 17 septembre 2015

La patience de Jésus. Marc 9,30-37.


Ah, les difficultés de la communication entre proches !
Au temps de Jésus, ce n'était pas plus simple que maintenant.

Le Rabbi se confie aux disciples, il pressent qu'il va mourir comme certains prophètes,
parce que sa fidélité, sa proximité avec les "impurs" dérange trop de monde.
Ses propos sont graves, tragiques, angoissants.
A sa suite, Martin Luther King avait écrit qu'il risquait de mourir assassiné.

Et les disciples, pendant ce temps, que font-ils ?
Ils sont entrain de "faire une primaire" avant l'heure !
Qui sera le chef des douze ?
Là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie.

Jésus leur demande de quoi ils parlent, ils sont penauds comme des gamins.
Il ne les renvoie pas, ne les voue pas aux enfers, il fait preuve de pédagogie, de bonté, d'intelligence.
Le  "chef" c'est le tout petit qui, à son époque, n'avait pas grand place parmi les adultes.
Souvent nous sommes comme les disciples.
Dieu nous donne sa Parole et nous sommes dans nos parlottes ecclésiales, morales, spirituelles.
Si Jésus était parmi nous, il présenterait un réfugié, une personne très âgée, un malade psychique ..........
ceux que nous avons tant de mal à aimer, ceux qui n'ont pas leur place dans la société.

Empêtrés dans nos histoires de sacristies, comme les Douze,
Jésus relève toujours le débat, remet l'humain au centre de la foi,
nous encourage à la fidélité même s'il faut nager à contre courant.
La patience et la pédagogie du Nazaréen sont le signe qu'il nous espère.

J.T.
20 septembre 2015

vendredi 11 septembre 2015

Souffrir, toujours souffrir ? Marc 8, 27-35.


"Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive", elle en a fait couler de l'encre cette phrase là !
La croix est devenue trop souvent le symbole de la foi chrétienne,
alors que la croix est nue, le Christ est relevé des morts, le tombeau est vide.

Lorsque nous lisons cette phrase dans Marc "porter sa croix",nous pensons à nos misères, à nos souffrances,
à nos échecs, à la face sombre de toute existence.
Nous risquons alors de prendre Jésus pour un sage stoïcien qui nous encourage à supporter tant bien que mal nos douleurs.
Le stoïcisme était d'ailleurs l'idéologie dominante à son époque
et beaucoup de propositions de sagesse ne disent pas autre chose actuellement.
Mais quelque chose ne va pas dans ce tableau.

Jésus n'a pas dit à la femme qui avait ses pertes de sang de porter sa croix,
il l'a soulagée, l'a guérie et ne l'a pas traitée comme une impure.
Jésus n'a pas dit à Marthe e t Marie de porter leur croix,
il a sorti leur frère Lazare du tombeau.
Les actes de guérison, d'exorcisme du Nazaréen sont un hymne à la vie debout,
non à la résignation, au fatalisme.

Jésus a porté la croix du supplice jusqu'au Golgotha
parce qu'il avait chassé les vendeurs du Temple,
parce qu'il avait souvent critiqué la religion des Pharisiens,
parce qu'il attirait les foules perdues, sans berger,
parce qu'il appelait l'Eternel "abba",  "papa".
Ce n'est pas par goût du sacrifice, de la souffrance,
c'est sa fidélité à la Bonne Nouvelle de Dieu qui lui fait porter sa croix.

Nos croix, ce ne sont pas nos maladies, nos échecs aussi douloureux soient-ils,
c'est parfois le prix à payer pour être fidèle,
pour ne pas faire n'importe quoi avec l'argent,
pour ne pas écraser les autres pour monter en grade.
La croix, c'est aussi au quotidien, tenter une bonne relation
avec celui que je ne supporte pas, pourquoi ne pas l'avouer ?

Porter sa croix c'est continuer à aimer Jésus lorsque les vents sont contraires.

J.T.

mardi 8 septembre 2015

Comment prier ?


"Je l'ai dit bien des fois.
Si quelqu'un était dans un ravissement comme saint Paul et savait qu'un malade attend qu'il lui porte un peu de soupe,
je tiendrais plus préférable que, par amour, tu sortes de ton ravissement et serves le nécessiteux dans un plus grand amour."

"Celui qui aime Dieu en vue de son propre intérêt l'aime,
comme il aime sa vache pour le lait et le fromage qu'elle lui donne.
Ainsi font toutes ces personnes qui aiment Dieu pour la richesse extérieure,
ou pour la consolation intérieure,
et ils n'aiment pas vraiment Dieu, ils aiment leur propre avantage."

Maître Eckart, 1260-1327.

" La prière communautaire peut être l'aveu humble que je ne sais pas prier
et que je m'associe à d'autres pour le faire.
La prière des autres peut me porter.
Ayons l'humilité de parler à Dieu simplement comme un ami parle à un ami."

Un dominicain.

J.T.

samedi 5 septembre 2015

Pour la paix.


Le Seigneur à dit à ses apôtres, ses amis :
"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix."
Cette paix, la sienne, n'est pas celle du monde.
Elle n'est pas dans l'ordre, lorsque l'ordre écrase le faible.
Elle n'est pas dans le silence, lorsque le silence naît de la répression.
Elle n'est pas dans la résignation, car la résignation est indigne de l'homme.
Sa paix, c'est l'amour pour tous,
C'est la justice pour tous,
C'est la vérité pour tous.
Il nous donne sa paix.
A nous de la donner au monde.

jeudi 3 septembre 2015

La maladie des hommes ! Marc 7,31-37.


Combien de femmes se plaignent que leur compagnon ne parle pas,
joue les carpes muettes, n'exprime pas ses sentiments, ne se  "lâch " pas !
Elles sont légion !
Education, facilité du repli sur soi, peur de s'exposer ?
Quelles qu'en soient les causes, le mutisme est la grande maladie des mâles.
Cela fait parfois le bonheur des psychiatres, mais pas des compagnes.

Au temps jadis, au temps de Jésus, savez-vous que les démons les plus difficiles à chasser
étaient ceux qui rendaient sourds et muets ? Comme si rien n'avait changé !
Alors, lorsque Jésus guérit ce sourd qui a du mal à parler, les gens sont stupéfaits, ravis :
"Il fait entendre les sourds, et parler les muets."
Toute la Bible met en avant la Parole.
A Babylone, les dieux créaient l'homme par des guerres entre eux,
ou l'engendraient lors d'amours dépravées.
La Genèse ne cesse de nous transmettre :
"Dieu dit : Que la lumière soit et la lumière fut.
Chaque parole de Dieu est créatrice.
Moïse déclare à son peuple :
"Vous n'avez vu aucune image, simplement une voix."

Voir une voix ! La Parole, celle du Créateur, la vôtre, la mienne donne à voir celui qui parle,
engendre la vie, la relation, le partage, l'invention.
Le muet, l'autiste, la victime innocente condamnée au silence sont de grands "perdants" de l'existence.

Jésus agissait, guérissait, priait, s'invitait à la table des publicains,
et ...........parlait, expliquait ses actes.
"Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu."
Ainsi Jean commence son récit.

Vivons, c'est à dire parlons, échangeons, partageons,
guérissons, aidons, soulageons les muets à l'exemple du Christ.

J.T.

vendredi 28 août 2015

Routine rituelle. Marc 7.


Aucune vie en société n'existe sans habitudes, sans rites.
Les slogans, les olas dans les stades en sont un bon exemple.
Le président de la république fait ses déclarations devant le drapeau de la France et celui de l'Europe.
Imaginez que le drapeau français disparaisse, les télés en parlent toute la journée !!!
Les religions, aussi, ont leurs rites, même les liturgies les plus "dépouillées" ont leurs codes, leurs habitudes.

Jésus était juif et il savait l'importance des rites de pureté pour rester fidèle à la Loi.
Lui aussi devait se laver les mains dans telle ou telle circonstance ! comme les autres juifs,
mais dans ce septième chapitre de Marc, il opère une véritable révolution.
L'impureté n'est pas extérieure, elle est en nous.
Jésus nous dit de ne pas avoir peur du contact, de la rencontre avec les "autres, les étrangers, les différents, les divergents",
ce ne sont pas des impurs parce qu'ils sont différents de moi, ce sont mes frères, mes soeurs en humanité,
surtout lorsqu'ils me dérangent, me déstabilisent, changent mes habitudes.
Le détenu n'est pas que son délit, son crime, il ne peut être réduit à cela.
Le malade psychique n'est pas un fou, il n'est pas que sa pathologie, il a une vie comme vous, comme moi.

Jésus, par ses actes et ses paroles, enseigne que l'impureté n'est pas dans l'autre, qu'elle est tapie en moi.
La course à l'argent, la promotion pour la promotion,
la recherche folle de mon désir sans tenir compte de l'autre,
les jugements à l'emporte pièce sur "la racaille des banlieues, les hordes de migrants",
voici ce qui est impur, nous enseigne Jésus.
Tout ce qui sort de nous , et qui ne laisse pas de place à l'autre, voici l'impureté.

Nos rites, religieux ou non, nous aident à vivre en société,
mais ils sont secondaires.
La Bonne Nouvelle ne cesse de nous redire que c'est le respect de l'homme, de la femme qui est sacré.
Jésus savait que passer son temps à discuter de tel ou tel rite religieux,
c'est rater l'essentiel : aimer Dieu, aimer les autres, s'aimer soi-même.

J.T.

mercredi 29 juillet 2015

Attention, nourriture !! Jean 6,24-35


Il n'est pas de semaine sans qu'un article nous décrive la meilleure nourriture pour bien vivre,
tout en attaquant les "poisons sucrés, gras" que nous consommons trop.
La nourriture, nous qui en avons en surabondance alors que d'autres meurent de faim,
est un enjeu sanitaire, économique, sociétal.

Au temps de Jésus, il en était différemment, mais Lui se décrivait comme "la vraie nourriture".
"Celui qui croit en moi n'aura jamais faim, celui qui croit en moi n'aura jamais soif."
Jésus était réaliste, il ne parlait pas de dérive ascétique dans une secte comme cela se produit de temps à autre.
Jésus est celui qui nourrit entièrement notre faim de Dieu, notre désir de rencontre avec l'Eternel.
Jean de la Croix, carme espagnol du 16ème siècle, grand mystique, c'est à dire amoureux de Dieu, a écrit :
"Dieu nous a tout dit à la fois et d'un seul coup en cette seule Parole qu'est le Christ."
Quel meilleur commentaire de ce passage de Jean que cette profession de foi ?

Jésus nourrit notre prière en nous encourageant à ne pas avoir peur de Dieu.
Le Créateur n'a pas à nous faire peur, il n'est pas un juge, un comptable de notre morale,
c'est le père, "Abba", papa dit Jésus tendrement.

Jésus nourrit notre espérance. Jamais Dieu ne tire un trait définitif sur quiconque.
Zachée arrête d'être un collaborateur et un voleur,
le bon larron n'est pas qu'un criminel, il est un des premiers croyants,
Marie de Magdala n'est pas qu'une hystérique avec ses sept démons,
elle devient l'amie fidèle jusqu'au tombeau.

Jésus nourrit notre désir plus fort que la résignation, la médiocrité.
Sa Bonne Nouvelle inspire François d'Assise, Claire, soeur Emmanuelle,
l'abbé Pierre, le pape François pour que les fautes de l'église,
ses manquements ne viennent pas assombrir la Bonne Nouvelle du Nazaréen.

Jésus est le véritable pain qui peut changer nos vies,
qui peut nous donner une audace, une espérance que nous n'aurions pu imaginer seuls.
Gardons le sel, soyons lumière.
Fixons nos yeux sur l'essentiel : Jésus toujours Vivant.

J.T.
2 août 2015

Bon mois d'août, bon été à chacun.

jeudi 23 juillet 2015

Don de la liberté. Jean 6,1-15


Lorsque les premiers chrétiens se rappelaient cet épisode d'un grand partage de nourriture,
ils l'associaient au dernier repas à Jérusalem où Jésus donne sa vie,
aux rencontres du ressuscité avec les onze où le Seigneur partage un peu de pain et des poissons.
Toute sa vie, Jésus n'aura eu de cesse de donner gratuitement une véritable nourriture à la foule qui le cherchait.
Dans cette histoire racontée par Jean, ce n'est pas la foule qui réclame, qui se plaint d'avoir faim.
C'est le Nazaréen qui a la délicatesse de la rassasier, alors qu'elle n'a rien demandé.
Toute sa vie, Jésus a partagé la santé, la prière, la foi pour que nous vivions bien, debout,
sauvés, c'est à dire en bonne santé, de véritables vivants.
Il donne gratuitement, ne répond pas à une demande, il sait ce qui est pour nous le meilleur.

Mais la gratuité faisait peur, et continue maintenant.
S'il leur a donné à manger, ils vont en faire un roi,
Jésus le sait et s'éclipse.
Certains ont dû penser, Il veut que nous le suivions,
sinon il ne nous aurait rien donné !
D'autres ont imaginé qu'ils avaient enfin trouvé le chef qui allait bouter les Romains du pays.
Ils se trompaient complétement. Jésus donnait gratuitement par bonté, par attention, comme un frère.
Il n'y avait pas de calcul dans cette distribution des pains, sinon celle du partage entre humains proches les uns des autres.

Partager l'espérance que Dieu nous donne, oser la prière ensemble,
casser les murs de la solitude, de la maladie, de l'exclusion,
doivent se faire dans cet esprit de gratuité, d'attention amicale.
Jamais Jésus n'a enrôlé quiconque, il était tellement respectueux de notre liberté.
Il désire simplement nous rassasier, à nous d'accepter sa Bonne Nouvelle.
Puisse la foi être du "bon pain".

J.T.
26 juillet 2015

jeudi 16 juillet 2015

Jésus, l'ami attentif. Marc 6,30-34.


Nous considérons souvent Jésus comme un prophète, un enseignant,
un maître de prière, mais nous oublions l'ami proche, l'homme délicat.
Il prend soin de ses disciples qui rentrent de mission :
"Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez vous un peu."
C'est lui qui nous a conseillé de nous aimer nous-même, de prendre soin de nous,
d'être attentif à notre équilibre, il ne pousse pas les douze à l'héroïsme,
ils sont "crevés" , qu'ils arrêtent, se reposent pour garder leur équilibre.

Dans ce même passage de Marc, Jésus "fut saisi de compassion envers eux,
parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger."
Il n'est pas uniquement proche de ses disciples, mais aussi de la foule qui le suit.
Pourtant cette foule les empêche de se reposer, comme prévu.
Jésus la regarde et se rend compte qu'elle ne sait où aller,
"à quel saint se vouer", il compatit, il souffre avec elle.

Nous sommes si souvent dans le "c'est ton affaire", "c'est son problème".
Nous sommes si souvent aveugles et sourds pour nos proches.
Nous avons tellement peur de leur souffrance que nous "préférons" ne pas la voir.
Combien restent fidèles au long des mois à ceux qui ne vont pas bien? Peu, très peu.
Nous préférons nier la douleur des proches avec des "secoue-toi", "tu as tout pour être heureux" !!!
Nous manquons souvent de proximité simple, tendre, fraternelle.
Jésus, lui , osait regarder ses disciples fatigués, cette foule perdue.
C'est parce qu'il ne niait pas leurs difficultés qu'il savait leur parler,
les aider, les encourager à prendre un chemin de vie, d'espérance.

Si tant de gens, seuls ou non, sont isolés, n'est-ce pas à cause de cette indifférence terrifiante ?
Ecoutons, regardons, tendons la main, osons la rencontre.

J.T.

jeudi 9 juillet 2015

Oser la rencontre . Marc 6,7-13


Marc nous raconte que Jésus encourageait ses disciples à sortir de leurs maisons, de leurs villages, de leur routine.
Sortir de chez soi, frapper à la porte de l'étranger pour y être reçu.

Tout un programme pour nous.
Dans nos sociétés, frapper à d'autres portes, c'est oser la rencontre avec nos frères juifs, musulmans,
sans crainte, sans idée de conversion, la rencontre pour connaître, respecter celui qui croit aussi en Dieu.
Chassons nos peurs, découvrir les autres ne veut pas dire que nous allons perdre notre foi,
ou alors c'est qu'elle est bien fragile !
Arrêtons nos jugements péremptoires.
Les intégristes, les fanatiques existent, hélas,dans toutes les religions, y compris la nôtre.
Les autres croyants n'ont pas le monopole du fanatisme.
Osons découvrir l'Islam, le Judaïsme pour mieux comprendre en quoi nous sommes des fils d'Abraham.
Reconnaissons que nous ne sommes pas les seuls chercheurs de Dieu sur la terre.

Frapper à d'autres portes, c'est aussi aller à la rencontre de celles et ceux qui n'ont pas de religion,
ne les traitons pas d'incroyants, athée ne signifie pas ne pas avoir d'espérance.
Quelle est leur idéal, leur espérance dans leur existence ?
Quelle foi les anime pour bâtir une terre plus juste ?
Ce n'est pas vrai et c'est irrespectueux de dire que "c'est Dieu ou rien."
Allons à la rencontre de tous ceux qui ne croient pas en Dieu mais ne désespèrent pas des hommes.

Jésus était réaliste, il savait que ses disciples ne seraient pas toujours bien accueillis.
Il en est toujours ainsi.
Si l'argent, la jouissance, le pouvoir, la haine sont l'idéal, alors la Bonne Nouvelle ne sera pas entendue.
La vie et la foi ne sont pas une histoire de bisounours.
Ne nous en offusquons pas et redoublons de liberté pour rencontrer les hommes de bonne volonté, religieux ou non.

J.T.

vendredi 3 juillet 2015

Le fils du charpentier ? Marc 6,1-6.


A Nazareth et dans la région, des rumeurs avaient dû circuler sur les origines de ce Jésus.
Joseph le charpentier du village était-il son père ?
Jésus avait pris sa place à l'atelier familial puis il était parti se faire baptiser par son cousin au Jourdain.
Depuis, suivi par quelques disciples et des femmes, il n'arrêtait pas de surprendre, de choquer, de troubler jusqu'à ses proches.
Il allait fidèlement au Temple comme un bon juif pieux, mais un jour il avait chassé durement les vendeurs et les changeurs.
Il pratiquait le Shabbat, allait à la synagogue, mais priait l'Eternel dont le nom ne pouvait être prononcé en l'appelant "papa".
Il guérissait comme d'autres de son temps, mais parfois en même temps il pardonnait les péchés,
comme s'il se mettait à la place du Créateur.
Surtout, il déroutait même ses plus proches lorsqu'il s'invitait à manger chez des collaborateurs juifs des envahisseurs romains.
Là, pensaient beaucoup, il allait trop loin.
Les pécheurs publics étaient-ils autant aimés du Très Haut que les justes, les fidèles ?
Nul ne pouvait l'entendre facilement.

Qui était-il ce Jésus ? Un guérisseur, un prophète, un mystique, un défenseur des droits de l'homme avant la lettre ?
Les douze, Marie de Magdala, les foules ont dû se poser ces questions.
Nous aussi aujourd'hui, c'est notre question.
Nos frères musulmans nous disent qu'il est un prophète, mais pas le Fils de Dieu.
Pour beaucoup c'est un guide, un témoin du meilleur de l'humanité, un "vrai communiste" !
Mais il n'est pas toujours simple de croire qu'il est l'Icône de Dieu, Dieu devenu l'un des nôtres.
Il est facile de croire "qu'il y a quelque chose", qu'un principe guide nos vies.
C'est plus difficile d'oser croire qu'un simple charpentier d'un village perdu de Galilée est Dieu.

Dieu, le fils d'un charpentier ?
Oui, Dieu si proche de nous qu'il devient un des nôtres.
Oui, Dieu dont la plus belle demeure n'est pas une cathédrale, le plus beau paysage,
mais le visage de chacun, même le plus abîmé.
Oui, Dieu qui n'abandonne pas un charpentier sur une croix mais le relève
et nous invite à vivre debout, pas à genoux.

J.T.

vendredi 26 juin 2015

Commentaire d'un détenu. Marc 5,21-43.


Après les visites à la prison ce matin, j'avais décidé d'écrire ce sermon
et avais lu plusieurs fois l'histoire de cette petite fille mourante et de cette femme malade chronique.

Parlant avec un détenu qui "navigue" entre psychiatrie et prison,
je lui demande s'il est chrétien.
Il me répond qu'il est resté croyant même au milieu de toutes ses galères,
et que la foi est la force qui le maintient debout, malgré tout.
"Il faut conserver la foi comme une étincelle, qui devient une flamme et la lumière."
En le quittant tout à l'heure, je le remercie pour sa contribution à ce commentaire d'évangile.

Jaïre, le papa de cette fillette mourante, espère encore et il va à la rencontre de Jésus.
Il a dû entendre parler en bien de ce guérisseur nazaréen, et il lui demande d'imposer les mains à sa fille.
La femme, qui a des pertes de sang depuis douze ans, se contente de toucher le vêtement de Jésus,
sans l'importuner, confiante en la guérison possible.

Comme ce détenu, ils entretiennent l'étincelle de l'avenir, de l'espérance, du soulagement.
Dans la vie, chacun de nous a des raisons de se résigner.
Le Synode ne changera rien pour les divorcés remariés.
Mon compagnon ne m'écoute pas, n'est pas attentif, ne pense qu'à lui.
La loi de l'argent fou domine le monde, et cela nous dépasse.
La liste serait longue ...............

Prenons garde à ne pas éteindre l'étincelle, au risque de perdre la lumière.
Croire en la résurrection est une force, un "moteur" pour refuser le réalisme désespérant, la loi des "à quoi bon".
La vie de Dieu germe dès cette terre, Jésus ne s'est jamais résigné, n'a pas été fataliste.
Jaïre, cette femme, ce détenu l'ont bien compris.
La foi est l'ennemi de la désespérance.

J.T.

jeudi 18 juin 2015

Nous sommes perdus. Marc 4,35-41.


Jésus est fatigué, il dort dans la barque, les vents se lèvent, les disciples ont peur.
"Maître, nous sommes perdus. Cela ne te fait rien ?"
Les disciples étaient comme nous, nous sommes de la même humanité, du même bois.
Lorsque les difficultés nous cernent, nous nous demandons où est Dieu.
Jésus ne fait pas de longs et durs reproches aux douze, il leur demande de croire en lui.
Cette histoire de barque dans la tourmente est une annonce du tombeau de Jésus.
La mer représentait la mort dans le monde juif, alors la barque est la tombe,
Jésus semble mort, et Il apparaît à Marie de Magdala, aux disciples.

Je pense aux chrétiens de Syrie, d'Irak, de tant de pays du monde qui lisent ce texte.
"Maître, nous sommes perdus. Cela ne te fait rien ?"
Je pense à cet homme condamné à une longue peine , pour qui la fin semble la seule issue.
Je pense à tous ceux qui souffrent, désespèrent, ne parviennent pas à s'en sortir, à sortir de leurs galères.
C'est une longue plainte qui parfois s'élève de notre terre.

Jésus l'entend, la comprend, il ne nous condamne pas.
Simplement, il nous encourage à croire en lui, à miser notre vie sur la sienne,
à oser espérer que les tempêtes ne soient pas le dernier mot de nos existences.
Il a traversé lui aussi des bourrasques, arrêté, abandonné,
crucifié comme un criminel de droit commun, suant le sang à cause de l'angoisse,
ridiculisé, bafoué, regardé comme "abandonné de Dieu".
Lui, le Vivant, sait que la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
Lui seul a vaincu la mort.
Nous pouvons mettre nos pas dans les siens,
Il ne nous abandonnera pas.

J.T.

jeudi 4 juin 2015

Partage divin.

Lorsque Jésus nous donne son testament, il partage le pain et le vin avec ses amis.
Gestes du quotidien, gestes extrêmement simples, dépouillés.
Le suivre, croire en Lui, espérer Sa rencontre, ce n'est pas d'abord une confession de foi,
une manière de prier, d'espérer, c'est le partage lors d'un repas.
Simplicité, proximité de la Cène et en même temps nous communions à la vie du Ressuscité !
Jésus si proche et si mystérieux.
Il en est de même de nos amis les plus proches, de nos enfants, de nos amours.
Ce sont ceux qui nous sont les plus chers, les plus proches qui nous semblent parfois les plus mystérieux.
Plus on aime, plus on respecte, moins on juge, on catalogue, on trie.
Nous nous imaginons aisément à ce dernier repas avec le Maître,
mais nous n'aurions pas plus compris la portée de ses gestes que les Douze.
Dieu présent et Dieu absent.

Lorsque Jésus dit partager son corps, son sang, ce ne sont pas des propos déments.
Ce sont les paroles de ce juif non violent qui est arrêté injustement,
qui prie son Père jusqu'au bout, qui pardonne à ses bourreaux,
qui refuse la violence contre l'injustice.

Lorsque nous communions, avons-nous conscience du cadeau qui nous est donné ?
L'Eternel n'est jamais autant présent que dans le partage de l'amitié, des richesses, de notre temps, de nos vies.
Partager un bout de pain c'est remercier Dieu de nous confier sa Vie, sa présence au milieu de nous.

J.T.

mardi 2 juin 2015

Un livre de chevet.


Je vous recommande "Jésus expliqué à tous" de Joseph Doré au Seuil.
L'auteur, prêtre, théologien, ancien évêque de Strasbourg est un excellent pédagogue.
Dans cet ouvrage, il aborde simplement toutes les questions que nous pouvons nous poser sur Jésus.
A-t-il véritablement existé, est-ce certain ?
Qui était-il ? Un sage, un prophète, un révolutionnaire, un mystique... ?
A-t-il guéri, exorcisé, pardonné les péchés ?
Croire en sa résurrection est-il le fondement de la foi ?
Comment ses compagnons l'ont vu, compris, raconté ?

Ce livre se lit facilement et ne coûte que 8 euros !
Une aide véritable pour mieux goûter les Evangiles.

J.T.

vendredi 29 mai 2015

La foi de Jésus.


Nous sommes habitués à parler de notre foi,
de nos questions sur la foi, de l'absence de foi.
Il s'agit toujours de nous.
Et si nous nous posions la question de la foi de Jésus ?

Sa foi c'est celle d'un Dieu proche, tendre, bienveillant,
un Dieu qui pardonne à Zachée et le réintègre dans sa ville, lui qui était un pécheur public.
Un Dieu qui guérit, qui exorcise, qui remet de bout,
un Dieu qui nous donne une Bonne Nouvelle, la souffrance, l'injustice doivent, peuvent être combattues, vaincues.

La foi de Jésus, c'est également la foi en nous les humains.
Il choisit les disciples au hasard des rencontres,
il ne sélectionne pas des héros, des meneurs, des parfaits.
Ayant peur d'être arrêtés avec lui, ils se sauveront,
Jésus continue à croire en eux, il ne les chasse pas, ne les renie pas.
Il a tellement foi en eux qu'il leur confie l'Evangile, une Bonne Nouvelle pour vivre debout.
Il leur manifeste cette confiance :
"Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde."

La fête de la Trinité n'est pas un exercice théologique,
un moment réservé aux savants, aux sages.
C'est la foi en un Dieu qui a foi en nous.
Un Dieu proche, fidèle, aimant même si nous ne le connaissons pas encore comme nous le connaîtrons.
L'Esprit est son aide, son amitié, sa fidélité qui jamais ne nous abandonnent,
surtout les jours d'angoisse, de souffrance, de solitude.

N'oublions jamais que le Seigneur a foi en nous.

J.T.

jeudi 21 mai 2015

La vérité, rien que la vérité ! Pentecôte 2015.


Au moment de les quitter, Jésus promet de donner à ses disciples l'Esprit du Père, l'Esprit de vérité.
"Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière."
Dans un autre passage, Jean écrit :
"Si vous demeurez dans ma parole....vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres." 8,32.

Jésus n'avait pas peur de la réalité, de la vérité des vies, des situations, il ne les minimisait pas, il osait les regarder en face.
Zachée est un voleur, Jésus le sait et ne lui donne pas des circonstances atténuantes.
La Samaritaine a des amours nombreuses, Jésus n'a pas peur de lui parler :
"En cela tu as dit vrai...l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari."
La vérité, selon Jésus, c'est de regarder sa vie comme elle est, sans lunettes déformantes,
sans trafiquer l'image avec son logiciel !
Or, combien de fois n'osons nous pas regarder les choses en face.
"Tu exagères, secoue toi, il y en a d'autres qui sont bien pires que toi."
Sans parler des hommes politiques qui, le soir des élections,
voudraient nous faire croire qu'ils ont gagné ou presque, lorsqu'ils sont battus.
L'Esprit de vérité peut nous aider à vivre notre vie comme elle est,
sans avoir peur de l'affronter, sans être obligé d'être dans le déni, le mensonge.

Mais Jésus nous donne un message beaucoup plus beau que celui de la lucidité nécessaire.
Pour Dieu, la vérité est "l'homme debout, l'homme vivant."
La vérité de Dieu est celle de la libération de l'esclavage en Egypte,
du retour d'exil de Babylone,
de la résurrection du Crucifié du Golgotha.
L'Esprit de vérité permet à Zachée d'arrêter d'être un voleur et un collaborateur.
L'Esprit de vérité aide la Samaritaine à renouer avec les gens de son village.

La Pentecôte, don de l'esprit de vérité qui nous permet d'espérer, d'avancer parce que nous n'avons plus peur de nous regarder lucidement.

J.T.

mardi 12 mai 2015

Dieu...

"Dieu, c'est justement Celui qu'on attend,
ou plutôt Celui qui nous attend
au plus intime de nous-même.

Il est toujours là,
c'est nous qui n'y sommes pas.

Mais quand notre coeur s'ouvre,
alors, quel Bonheur,
quelle Lumière,
quel Espace,
quelle Jubilation."

Maurice Zundel.

Ascension.

La fête de l'Ascension a t-elle encore un sens pour nous ?
Que signifie "être enlevé au ciel, siéger à la droite  de Dieu" ?
Qui ne se pose pas ces questions bien légitimes ?
Pour "dire" Dieu, nous n'avons que nos mots et ils sont bien pauvres.
Il en est de même pour dire nos amours, nos amitiés, nos passions, nos engagements, nos fidélités.
Tout le monde n'est pas poète ou écrivain.

Lorsque Marc écrit que son Rabbi est monté au ciel,
il redit, avec ses mots, que l'Eternel n'est pas dans un monde séparé du nôtre,
qu'Il est devenu un des nôtres avec Jésus,
que la terre et le ciel ne sont plus à jamais deux continents étrangers l'un à l'autre.
Le ciel du Créateur n'est pas inaccessible aux humains.
Comme Jésus nous vivrons dans la lumière du Très Haut.

L'Ascension nous dit aussi que nous sommes capables de nous élever, de nous dépasser
au delà de ce que nous pouvons imaginer, espérer.
Pierre, le pécheur du bord du lac, Paul, le pharisien zélé,
auraient-ils pu envisager d'eux-mêmes d'avoir le destin qu'ils ont eu ?
François d'Assise, fils de riche marchand, a été emmené par l'Esprit de Dieu sur des chemins qu'il ne connaissait pas.
N'en est-il pas ainsi dans nos vies, même si elles ne sont pas exceptionnelles ?
L'Esprit de Dieu ne nous permet-il pas de rester fidèles à la Bonne Nouvelle contre vents et marées,
ne nous pousse-t-il pas sur des routes que nous n'aurions pas connues sans Lui ?

L'Ascension, fête des épousailles de Dieu et des hommes,
qui les fait vivre  là où ils ne seraient pas allés seuls.

J.T.