mercredi 22 février 2012

UNE PAROLE JUSTE , pas de la com.... CAREME 2012.

Aujourd'hui, mercredi des cendres, début du carême pour les chrétiens . Rite dépassé ? Fête dénuée de signification ? Jeûner, prier, faire l'aumône ? A qui cela parle-t-il aujourd'hui?
Dans le même temps, la campagne présidentielle qui se déroule et déverse son lot de petites phrases concoctées par les experts en communication. Ce verbiage rend sourds beaucoup de nos concitoyens!

" Quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret....
Quand tu pries, retire toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret....
Quand tu jeûnes, parfume toi la tête et lave toi le visage; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dan le secret..."

Ses proches disaient du Nazaréen qu'il parlait avec autorité, et non pas comme les scribes. Parler avec autorité, c'est mettre en harmonie ses paroles et ses actes. Il ne s'agit pas de faire de la com pour attirer le chaland, l'électeur comme le fidèle ! Jésus nous encourage à sonner juste, vrai, à être libres.

Prier, jeuner, faire la justice , trois pistes que chacun peut vivre en vérité, selon sa vie et ses préoccupations. Il serait plus simple d'énoncer des rites, de faire une liste de prescriptions, de commandements. Les religions sont expertes en la matière. Jésus nous croit capables de beaucoup plus. Nous pouvons oser la liberté . Le Père , notre Ami, est notre guide. Pas un juge, pas un despote. Un Père qui veut être prié par des hommes et des femmes libres.

Essayons nous aussi de parler avec autorité, de mettre en conformité nos paroles et nos actes.
Peut être aussi une piste pour nos choix politiques ! 


lundi 30 janvier 2012

BONHEUR de CROIRE ? VOUS AVEZ DIT " BONHEUR" ?

Ce week end, nous étions une vingtaine " autour " de la foi en la résurrection de Jésus. La lecture des textes, les échanges nous ont permis d'approcher un peu plus, un peu mieux...peut être , cette incroyable nouvelle qui a bouleversé la vie de Marie de Magdala, de Jean, de Pierre, de Paul et de tant d'autres depuis :
Il est VIVANT, ce Jésus mort sur la croix comme un criminel.

Naturellement, nous ne nous sommes pas contentés de lire les Ecritures, ce qui n'est déjà pas si mal !, nous nous sommes demandés si cette foi transmise par les apôtres nous aidait à vivre, nous faisait avancer dans l'existence.
Nous n'avons pas pu ne pas constater que la transmission semblait souvent arrêtée dans les familles, dans les communautés. Combien de jeunes disent à leurs parents chrétiens : " Vous nous avez donné des valeurs, la justice, la lutte contre les exclusions,  contre le racisme...." mais la source de ces valeurs, Jésus, paraît absente. Et qu'en sera-t-il à la génération suivante ?

Ce constat, banal certes ,est  douloureux et parfois culpabilisant. Notre monde a changé, la foi religieuse n'est pas la seule réalité qui semble si difficile à transmettre, nous avons cru que l'engagement suffirait ..... tant de paramètres peuvent être évoqués justement.

C'est alors qu'un sage dans l'assemblée s'est exclamé : "Et si nous n'avions pas su partager le bonheur de croire ? "

mercredi 25 janvier 2012

INTEGRISMES : DANGER.

Hier soir, le café interreligieux à Hérouville avait pour thème : l'intégrisme, une tentation du croyant ?

L'intégrisme , qu'il soit religieux, politique, économique ... est cette posture qui consiste à penser avoir absolument raison contre tous les autres. Il n'est malheureusement pas réservé aux religieux. Une participante a fait remarquer que le mot intolérance serait peut être plus approprié, plus facile à comprendre.
Hier, pasteur, imam, prêtre catholique, nous avons reconnu les ravages de l'intégrisme dans nos religions. Les participants ont dû être surpris de se rendre compte que c'était le musulman qui affirmait le plus que l'intégrisme était une tentation des croyants. Plusieurs fois, il a insisté sur son rôle qui est de combattre et de prévenir les courants intégristes dans sa mosquée, spécialement chez les jeunes.

L'intégrisme n'est il pas essentiellement un réflexe de peur, de citadelle assiégée ?


Chez les catholiques, les intégristes ne reconnaissent pas une autre manière de vivre en église que la leur. La reconnaisance de spiritualités, de manières diverses de prier, de chercher est interdite. Les Actes des Apôtres et les Lettres de Paul faisaient déjà état des combats entre  Judéochrétiens et Paganochrétiens pour vivre dans la même église. Il ne peut y avoir d'unité que si les différences sont acceptées. La peur de l'autre radicalise la position intégriste.
Où qu'il habite sur la terre, chacun sait qu'il n'y a pas qu'une religion, la sienne ! En France , les mosquées, les temples évangéliques sortent de terre. L'intégrisme ne voudrait que sa religion et les autres sont ses ennemies.

Personne n'est tenu de confesser une religion pour avoir une place dans la cité. Il est possible de professer l'athéisme sans être inquiété, ce qui n'est pas vrai partout dans le monde actuel.
Beaucoup cherchent dans des spiritualités sans Dieu le sens de la vie.
Tous ces bouleversmeents raidissent encore plus la position intégriste qui pense que la foi se meurt, et que le monde sombre, qu'il faut revenir au " bon vieux temps " où nous n'étions qu'entre nous.

Se connaître, oser se parler, oser dire nos désaccords permet le respect de l'autre. Les autres religions ouvrent mon esprit à la recherche de Dieu qui n'est pas le fait que des gens de mon église. Cette écoute amicale et bienveillante me confirme également dans ma tradition. Ecouter des Musulmans, des Juifs, des Protestants élargit mes horizons et me renvoie à ma propre appartenance écclesiale.



Longue vie !!! au café intereligieux.

mardi 27 décembre 2011

UN BEAU CADEAU POUR 2012.

Le monde de l'édition est aussi celui du commerce. Beaucoup de titres " encensés " déçoivent le lecteur. Que de romans mal écrits et sans âme ! Parmi l'amoncellement des livres, les perles sont rares. Ces jours, j'en ai découvert une : belle écriture, originalité du propos, invitation à rêver, à penser, à vivre.. que demander de plus ? Si vous cherchez une idée de cadeau, je vous recommande le livre de Sylvain TESSON, chez Gallimard : " Dans les forêts de Sibérie."

L'auteur a vécu six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal, de février à juillet.

" J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ? "

Même si vous avez horreur du froid, si vous n'avez pas une vocation d'ermite, allez faire un tour en Sibérie !

samedi 17 décembre 2011

CROIRE EST PARFOIS DIFFICILE.

" La présence discrète de Dieu m'a été réconfortante et ma vie s'en est trouvée éclairée.
Je crois que Dieu était le seul à qui je pouvais tout dire et qui me comprenait et m'aimait.


Pour moi croire que Dieu existe et nous aime plus que tout est une grâce inimaginable.
Cela permet de garder au fond  de nous les souvenirs heureux et la riche expérience des autres.


Je suis anxieuse, je m'aperçois que croire dans ces cas là avec la souffrance dans l'attente d'un mieux, c'est très joli à dire mais beaucoup plus difficile que je ne l'aurais pensé quand on est creux de la vague.


Pourtant Dieu n'est pas responsable de notre état, Il est un Dieu bon, Il m'a souvent comblée de joie."

Une femme, à la fin de sa vie, hospitalisée en psychiatrie.

mardi 6 décembre 2011

NOEL : l'anniversaire du RESSUSCITE.

En ce mois de décembre, les chrétiens vivent le temps de l'Avent comme un moment privilégié pour se redire leur espérance. Mais, pris par la préparation de la fête deNoël, par l'air du temps, ils donnent parfois l'impression de " mimer " l'histoire d' il y a deux mille ans. Ils attendent la naissance d'un bébé.

Lorsque je souhaite un anniversaire, je sais bien que la personne ne va pas renaître. Elle a 10, 25, 60 ans....
Fêter Noël, c'est fêter l'anniversaire du RESSUSCITE. C'est parce que je crois que le condamné à mort du Golgotha est VIVANT que je me rappelle sa naissance. C'est parce que je crois qu'il est l'image de Dieu pour nous que je peux dire que Marie est vierge. Noël n'est pas un premier signe, un premier miracle.... C'est Pâques qui est le coeur de notre espérance.

La preuve ? Marc et Jean ne parlent pas de la naissance de Jésus à Bethléem. Seuls Matthieu et Luc le font.
Marc parle au premier verset de son récit de " la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu."
Par sa concision, toute racinienne ! l'évangéliste nous dit l'essentiel. Se rappeler l'anniversaire du ressuscité est une bonne nouvelle pour moi, pour les miens, pour le monde. Si la foi ne nous aide pas à vivre et non seulement à survivre, si ce n'est pas un roc, une espérance pour conjurer le malheur, qu'est ce que cette religiosité ?

Devant la crêche, nous ne nous émerveillons pas tant de l'innocence d'un enfant que de la présence de l'Eternel au coeur même de notre existence, aussi fragile soit elle.

mercredi 16 novembre 2011

DANS LA PEAU D'UN MATON.

Aumônier 14 ans au centre de longues peines de Caen, actuellement à la maison d'arrêt depuis trois ans, je vous recommande la lecture de ce livre : " Dans la peau d'un maton " de Arthur Frayer, chez Fayard.
L'auteur, qui est journaliste, a passé le concours de surveillant de l'administration pénitentiaire et " exercé " quelques mois dans trois prisons de France.

Il permet au lecteur de découvrir le quotidien d'un surveillant entre les douches, les parloirs, les activités, les promenades, les urgences.......... Tout cela baignant dans un climat plus ou moins violent , et souvent plus que moins. Les deux missions confiées à la pénitentiaire sont officiellement l'emprisonnement et la réinsertion. Comment parler de réinsertion alors que le surveillant est souvent débordé par la " gestion " des journées ?

Arthur Frayer écrit : " Moi aussi, j'ai la boule au ventre en allant au travail; moi aussi, je dors mal, j'ai perdu du poids. Mon corps est à bout, mes jambes me font mal en permanence, mes muscles sont raides et mes pieds en feu au terme de chaque service. Je fais une vingtaine de kilomètres chaque jour le long des coursives. Les prises de tête constantes me laminent le moral. Je ne soupçonnais pas la violence de la prison. Pas tant les agressions physiques que la violence des contestations et des querelles pour une douche ou un passage au téléphone."

Un livre à lire !